À Agen, la maison de retraite « Ma Maison » abrite soixante résidents. Les Petites Sœurs des Pauvres y poursuivent la mission de Jeanne Jugan. Le soin ne se limite pas aux actes médicaux. Il se construit dans la présence, l’écoute, les attentions ordinaires.
Une maison de vie où l’humain demeure au centre
L’établissement peut accueillir jusqu’à 67 personnes. Les résidents, âgés de 60 ans et plus, ont des ressources modestes. Certains vivent seuls, d’autres en couple. La congrégation les accueille sans distinction d’origine ou de religion. Le lieu porte son nom comme une promesse : se sentir chez soi.
Une équipe dévouée autour des résidents
Le quotidien repose sur une équipe complète. Douze soignants, quatre infirmières, une psychologue et une diététicienne travaillent ensemble. Cinq Petites Sœurs des Pauvres vivent au milieu des résidents. Des bénévoles apportent une aide précieuse. Cette communauté veille sur le moral et la santé de chacun.
| Profession | Nombre |
|---|---|
| Soignants | 12 |
| Infirmières | 4 |
| Infirmière coordinatrice | 1 |
| Médecin coordonnateur | 1 |
| Psychologue | 1 |
| Diététicienne | 1 |
| Petites Sœurs | 5 |
Chaque étage est suivi par l’équipe. La présence est assurée nuit et jour. Les religieuses gardent une responsabilité morale auprès de tous. « Nous accueillons des personnes défavorisées, les plus pauvres, et de plus en plus de nonagénaires », raconte sœur Michèle, installée à Agen depuis sept ans.
Une vigilance accrue en période de canicule
L’été, la chaleur impose une attention de chaque instant. Les espaces communs sont climatisés. Dans les chambres, des ventilateurs tournent, car la climatisation n’est pas envisageable. L’hydratation est surveillée et consignée. Des glaces sont distribuées généreusement. « On identifie les personnes les plus exposées », note Angélique, l’animatrice.
Des résidents aux parcours singuliers
Chaque chambre se personnalise avec des meubles, des photos, des objets. Les souvenirs racontent une vie. Madeleine est entrée sans connaître les lieux, pour se rapprocher de sa fille. Marie-Noëlle a rejoint la maison récemment. D’autres y vivent depuis quinze ans. Trois centenaires habitent ici, dont Henryka, 102 ans, ancienne journaliste polonaise, et Georgette, 105 ans, appelée chaque jour par ses enfants.
Des journées rythmées par les ateliers
La mémoire, la pâtisserie, la lecture partagée, le pliage de serviettes, les activités créatives animent les semaines. Chaque matin, un atelier d’épluchage de légumes rassemble Claude et Roger, un ancien de l’usine de pâte à papier de Casteljaloux. Des sorties en minibus conduisent au supermarché. « Ils adorent », sourit Angélique.
- Ateliers mémoire
- Pâtisserie
- Lecture partagée
- Pliage de serviettes
- Activités créatives
- Épluchage de légumes
- Sorties en minibus
L’élan de solidarité autour de la maison
La mission repose sur la générosité. Les dons de bienfaiteurs, les quêtes dans les églises et les supermarchés assurent l’ordinaire. Des clubs services organisent des actions. Des producteurs du Min offrent chaque semaine des fruits et des légumes. « Toute aide est la bienvenue », insiste sœur Alphonsa, originaire du Kerala.
La maison cherche encore des bénévoles. Leur aide est précieuse pour accompagner les résidents à leurs rendez-vous médicaux. Les bons de transport sont devenus difficiles à obtenir. Ce soutien renforce le lien entre la maison et le monde extérieur.
Quel avenir pour les Petites Sœurs des Pauvres ?
La communauté comptait une vingtaine de sœurs il y a quelques années. Elles ne sont plus qu’une poignée. La crise des vocations pousse la congrégation à imaginer de nouveaux modèles. Des maisons plus familiales, proches de l’habitat partagé, existent déjà à Orléans. Une restructuration est en cours de réflexion.
Le vaste bâtiment d’Agen coûte cher à entretenir. Plusieurs phases de rénovation ont eu lieu. Une conviction demeure : prendre soin d’une personne âgée, c’est préserver son histoire, ses souvenirs et sa dignité. L’humanité, la solidarité et le soin restent les piliers de cette maison, un lieu de vie où l’accueil et la bienveillance ne se démentent jamais.

Ancien journaliste presse magazine décoration parisien, rentré dans les Mauges restaurer une fermette.